L’amortissement du mobilier peut dépasser la valeur d’achat initiale, sous certaines conditions, en LMNP. Les intérêts d’emprunt restent déductibles même si l’emprunt finance à la fois le bien et des travaux. Certains frais de gestion, souvent ignorés, sont pleinement admis en déduction, tandis que d’autres, comme les charges de copropriété non récupérables, nécessitent un traitement particulier.Le régime réel simplifié offre davantage de possibilités de déduction que le micro-BIC, mais implique une tenue rigoureuse de la comptabilité. L’arbitrage entre LMNP et LMP dépend de seuils de recettes et du statut fiscal du bailleur, influençant directement le calcul des charges admises.
Ce que recouvrent vraiment les charges déductibles en LMNP
La location meublée non professionnelle (LMNP) ne se limite pas à aligner quelques factures pour travaux ou à rafraîchir un mur abîmé. En réalité, le spectre des charges déductibles s’avère bien plus large et technique qu’on ne l’imagine. Choisir le régime réel, c’est ouvrir la porte à un éventail de déductions, mais à condition de jouer la carte de la rigueur comptable.
Pour clarifier les choses, voici les principales familles de dépenses directement liées à l’activité de location meublée que vous pouvez faire passer en charge :
- Intérêts d’emprunt : chaque centime payé à votre banque, qu’il finance l’acquisition ou des travaux, entre dans la colonne déductible.
- Assurances : assurance propriétaire non occupant (PNO), garantie contre les loyers impayés, multirisque habitation, tout ce qui sécurise votre bien figure sur la liste.
- Frais de gestion : honoraires de gestion versés à une agence, rémunération de l’expert-comptable, frais de syndic pour la copropriété.
- Taxes : la contribution foncière des entreprises (CFE) et la taxe foncière, hors ordures ménagères, s’ajoutent naturellement.
Avec le régime réel, l’amortissement n’est pas un gadget : c’est une méthode de répartition sur plusieurs années. Le mobilier, l’électroménager, mais aussi l’immobilier lui-même peuvent être amortis, chacun selon sa durée de vie : cinq à dix ans pour un canapé, vingt à trente ans pour l’immeuble. Ajoutez à cela les frais de notaire, les dépenses de constitution de dossier, toutes les dépenses d’entretien ou de réparation qui servent le locatif, le spectre s’élargit encore.
Passer à la déclaration LMNP sous le régime réel exige une organisation sans faille : registre d’achats précis, justificatifs systématiques, distinction claire entre dépenses immédiatement déductibles et postes à amortir sur la durée. Cette discipline n’a rien de superflu : bien menée, elle optimise la fiscalité sur les revenus locatifs et limite les mauvaises surprises lors d’un contrôle fiscal.
Quelles dépenses pouvez-vous déduire concrètement de vos revenus locatifs ?
Gérer un logement sous LMNP au régime réel, c’est apprendre à trier chaque dépense, à la lumière de sa finalité. C’est là que la rentabilité se joue, à l’euro près, et que le montant net encaissé peut vraiment changer.
Certains postes reviennent systématiquement dans la pratique. Les intérêts d’emprunt, qu’ils servent à l’achat ou à la rénovation, méritent une attention particulière. Les frais de gestion locative (honoraires d’agence, rémunération du comptable, charges de syndic) s’ajoutent logiquement. Côté assurances, la PNO et la garantie loyers impayés trouvent leur place. Les taxes, comme la CFE et la taxe foncière (hors ordures ménagères), complètent ce panorama.
Pour les travaux, la distinction est nette : seules les opérations de réparation, d’entretien courant ou de rénovation simple passent en charge. Les dépenses qui améliorent le bien, elles, sont généralement amorties dans le temps.
Pour mieux s’y retrouver, voici quelques exemples concrets de dépenses admises :
- Entretien régulier : repeindre un mur, réparer une fuite, changer un appareil tombé en panne.
- Honoraires pour la déclaration fiscale et l’établissement de la liasse BIC.
- Frais de notaire et dépenses liées à l’acquisition, à intégrer dans les éléments amortissables.
Concernant le mobilier et les équipements (lave-linge, four, literie), la règle reste l’amortissement. Chaque achat doit être justifié, inscrit dans la comptabilité, et suivi dans la durée. Conserver factures et justificatifs n’est pas un luxe administratif : c’est le socle d’une gestion solide et d’une fiscalité optimisée. La cohérence des comptes, la traçabilité des opérations, et l’adéquation avec la réalité du bien forment le cœur d’une gestion conforme aux attentes de l’administration.
LMNP ou LMP : quelles différences sur la fiscalité des charges ?
Choisir entre loueur en meublé non professionnel (LMNP) et loueur en meublé professionnel (LMP) ne se limite pas à un simple formulaire. Si les deux relèvent du régime BIC, la façon de traiter charges, déficits et plus-values diffère vite, au-delà des apparences.
Le régime réel s’applique dans les deux cas, permettant d’amortir mobilier, déduire intérêts d’emprunt, prendre en compte frais de gestion et charges de copropriété. Mais la ressemblance s’arrête là. Le traitement des déficits et celui des plus-values, surtout à la revente, creusent l’écart entre ces statuts.
En LMNP, si vos charges dépassent vos loyers, le déficit ne s’impute que sur les recettes issues de cette même activité, sans déborder sur le reste des revenus du foyer. Ce déficit, sauf amortissement, s’éteint s’il n’est pas utilisé dans l’année. À l’inverse, le LMP autorise l’imputation du déficit sur le revenu global, ce qui change la donne pour ceux qui supportent de lourdes charges.
En cas de revente, la gestion de la plus-value diverge : le LMNP relève du régime des particuliers, tandis que le LMP applique des règles professionnelles, pouvant ouvrir droit à certaines exonérations. La CFE, elle, s’applique dans les deux cas dès que des recettes sont générées par la location meublée.
Le choix du statut n’est jamais anodin. Il influe sur la stratégie fiscale, sur la capacité à amortir, sur la gestion des charges et la façon d’anticiper l’avenir. La location meublée, loin d’être une formalité, réclame maîtrise des détails et anticipation. Reste à savoir si vous préférez piloter seul ou confier cette mécanique pointue à un professionnel aguerri.


