La norme NF C 14-100 interdit formellement l’installation d’un compteur sur un support combustible, mais une tolérance existe pour les installations anciennes conservant un panneau en bois. La mise en place d’un compteur Linky dans ce contexte soulève des interrogations récurrentes chez les professionnels du secteur.Certaines compagnies d’électricité exigent désormais un support non inflammable lors du remplacement, tandis que d’autres acceptent un panneau en bois sous réserve de l’ajout d’une plaque de protection ignifugée. Les exigences varient selon l’ancienneté du tableau, la réglementation locale et les consignes internes des gestionnaires de réseau.
Compteur Linky sur panneau en bois ancien : ce que dit la réglementation aujourd’hui
Installer un compteur électrique, en France, n’a rien d’une opération anodine. La norme NF C 14-100 impose un support ininflammable, point final. Pourtant, des milliers d’habitations font encore reposer leur installation sur un vieux panneau en bois, mémoire d’une époque où la sécurité n’obéissait pas aux mêmes critères. Face à cette réalité, les pratiques ont évolué, parfois du bout des doigts.
Chez Enedis, la norme s’applique, mais les situations héritées du passé ne sont pas écartées d’un revers de main. Lorsqu’un technicien intervient pour installer un Linky à la place d’un ancien compteur, il inspecte d’abord le support. Si le panneau en bois date d’avant les nouvelles prescriptions et qu’il est sain, sec et solide, la pose peut être envisagée. Pourtant, la vigilance pousse à recommander l’ajout d’une plaque de protection certifiée M0, histoire de renforcer la sécurité. Mais rien n’est gravé dans le marbre : selon les régions ou les agences, certains imposent le remplacement du panneau, d’autres tolèrent le bois, à condition qu’il soit protégé.
La question a même fait irruption dans les tribunaux. En 2022, le tribunal judiciaire de Nanterre a rappelé qu’Enedis devait se plier à la norme, sans pour autant exiger systématiquement que chaque particulier refasse entièrement son installation lors d’un simple remplacement de compteur. Bilan : professionnels, propriétaires et élus s’interrogent encore sur la bonne marche à suivre, faute de consensus national.
En pratique, tout repose sur le diagnostic du technicien. Certains acceptent le bois, d’autres exigent un support métallique ou une plaque ignifugée, sans discussion. Cette disparité s’explique par l’état très variable des installations, la diversité des contextes locaux et l’évolution continue des règles. Impossible, donc, de prédire à l’avance la solution qui sera retenue chez soi.
Quels points techniques surveiller pour une installation conforme et sécurisée ?
Avant de valider la pose d’un compteur Linky sur un panneau en bois ancien, la prudence doit rester de mise. Le panneau doit être irréprochable : sec, solide, sans fissure, ni trace d’humidité ou de pourriture. Si ce critère est rempli, la pose directe peut parfois se justifier. Mais il reste d’autres points à vérifier, sur lesquels il n’est pas question de transiger.
Renforcer la sécurité passe souvent par l’installation d’une plaque classée M0 sous le compteur. Ce simple ajout fait barrage à la chaleur et limite la propagation d’un arc électrique. Dans chaque logement ancien, il faut aussi examiner comment s’intègre le Linky au tableau général, vérifier l’état des protections et l’ensemble de l’installation électrique.
Dans les espaces sujets à l’humidité, comme les caves ou les garages, surveiller l’état des murs et l’absence de toute infiltration devient indispensable. Si le panneau frôle une canalisation ou une zone fréquemment humide, installer un coffret étanche reste le meilleur moyen d’éviter des dégâts prématurés.
Voici les vérifications incontournables pour une pose fiable :
- Contrôler le serrage des connexions pour éviter tout risque de surchauffe.
- Respecter l’écart minimal entre le compteur et les autres équipements électriques.
- Appliquer à la lettre les consignes de sécurité, y compris sur les installations anciennes, pour limiter les faiblesses du système.
Porter attention à ces détails réduit considérablement les risques et facilite tout contrôle ou audit futur de l’installation.
Non-respect des normes : quels risques pour votre installation et votre assurance ?
Installer un Linky sur un panneau en bois ancien sans respecter les règles, c’est courir deux risques : d’abord pour la sécurité du logement, ensuite pour la validité de son assurance. Toute la logique de la norme NF C 14-100 vise à éviter le sinistre et à clarifier les responsabilités si un incident survient.
Une installation non conforme, panneau fatigué, absence de plaque ignifuge, distances non respectées, peut vite tourner au casse-tête. Enedis peut alors exiger des travaux, voire couper le service ou refuser d’intervenir si la situation est jugée dangereuse.
Plusieurs conséquences très concrètes guettent alors le propriétaire :
- Un contrat d’assurance habitation peut être remis en cause après un incident électrique ou un incendie si l’installation n’est pas conforme.
- En cas de différend, la responsabilité du propriétaire est mise en cause si le support ne répond pas aux normes.
- Une installation déclarée irrégulière, même ancienne, peut bloquer toute indemnisation ou tout recours en cas de dommages.
Les documents techniques d’Enedis ne laissent aucune place au doute : le support doit résister au feu, garantir une fixation solide et assurer l’isolement parfait du compteur. Faire appel à un professionnel pour vérifier ou reprendre l’installation reste une précaution utile, surtout si le compteur n’a pas été changé depuis des années. La responsabilité du propriétaire est engagée, vis-à-vis de l’opérateur comme de l’assureur.
Un support adapté au compteur Linky ne relève donc pas seulement de la paperasserie : il engage la sécurité de la maison, la conformité de l’installation et, en filigrane, la tranquillité d’esprit de ses occupants. Lorsque le technicien sonnera à la porte, mieux vaut avoir anticipé, plutôt que de miser sur la bienveillance d’une époque révolue.


